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Sombres perspectives en 2009 pour le cacao ivoirien, qui attend sa réformePour cause de dégradation de la qualité et de vieillissement des vergers, la campagne de cacao en Côte d'Ivoire, premier producteur mondial, devrait se solder par une sérieuse baisse de la récolte en 2009, plongeant un peu plus dans le désarroi une filière qui attend sa réforme.
"Nos prévisions tablent sur une baisse de la production de plus de 300.000 tonnes au cours de cette campagne" qui s'achève en octobre, déclare à l'AFP le président du comité de gestion de la filière, Gilbert N'Guessan.
La production, dont plus de 90% sont exportés, devrait se situer autour d'un million de tonnes, contre 1,4 million prévu et 1,3 réalisé lors de la campagne précédente, selon les plus optimistes. Les principaux acteurs font le même diagnostic: "La qualité du cacao se dégrade d'année en année. Et la quantité ne fait que reculer parce que le verger est très vieillissant", résume Ali Lakiff, directeur de SAF-cacao, entreprise basée à San Pedro (sud-ouest), port par où transite 80% du cacao ivoirien. D'ici trois ans, "si rien n'est fait, on pourra descendre en-dessous du million de tonnes", prévient-il. Le pays perd chaque année plus de 150 milliards de FCFA (230 millions d'euros) en raison de la mauvaise qualité d'une partie de la production, de ce fait non exportable, selon les chiffres officiels. Affecté cette saison par de faibles pluies, le cacao ivoirien pâtit aussi de la fuite d'une part de la récolte vers les pays limitrophes à partir du nord du territoire, contrôlé par l'ex-rébellion depuis 2002. Près de 300.000 tonnes de fèves prendraient chaque année la direction de pays voisins, Burkina et Guinée notamment, avancent des spécialistes. Dans ce contexte sombre, la filière se cherche un avenir. Créées à partir de 1999-2000 dans le cadre de la libéralisation du secteur, les structures de régulation ont vu presque tous leurs dirigeants envoyés en prison depuis juin 2008, pour "détournements de fonds" présumés. Elles ont été remplacées par un comité de gestion provisoire, en attendant une réforme. Installé en juin par le président Laurent Gbagbo, le comité chargé de plancher sur cette réforme doit rendre sa copie dans les prochains jours. L'inspiration pourrait venir du Ghana voisin, 2e producteur mondial et rival de plus en plus sérieux. Revenue cet été d'un voyage dans ce pays, la responsable du comité de réforme, Géraldine Odéhoury, a dit avoir "apprécié" le système qui y a été mis en place, avec une structure unique chargée de la gestion et de la commercialisation. "Ceci fait penser à un retour à l'ancienne Caistab", souligne le spécialiste Huberson Digbeu. Durant les décennies où le cacao a été au fondement du "miracle ivoirien", la Caistab (Caisse de stabilisation et de soutien des prix des produits agricoles) avait encadré le secteur en achetant directement aux planteurs. Elle avait été dissoute à la fin des années 1990, sous la pression des bailleurs de fonds qui y voyaient la "caisse noire" du régime. La prochaine réforme devra aussi trouver des solutions pour assurer une meilleure rémunération des paysans. Les prélèvements fiscaux perçus par l'Etat sont jugés démesurément élevés par les institutions internationales. Il y a urgence: las de voir leurs revenus fondre, de nombreux planteurs abandonnent le cacao pour se tourner vers d'autres cultures, comme l'hévéa et le palmier à huile, jugés "plus rentables". Source: AFP Vendredi 4 Septembre 2009
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